Alejandro Nozominoken

Un épéiste para-psychique obsédé par la vengeance

Description:

Un métis hispano-japonais d’une stature et d’une carrure impressionnantes, âgé d’une quarantaine d’années.

Ses cheveux noirs désordonnés atteignent le haut de son dos, et encadrent un visage sombre et prématurément ridé. Une barbe et une moustache fines en entretenues parcourent ses joues et font ressortir ses yeux gris dans lesquels on lit généralement de la tristesse ou de la lassitude.

Il porte généralement un long trenchcoat par dessus son armure Spectrashield légère, sur les épaules duquel apparaissent les insignes le désignant comme un para-psychique non dangereux. Le vêtement dissimule également des couteaux. A sa ceinture, il porte un long katana en matériau composite.

Peu loquace, et apparemment d’un calme olympien, il est au contraire très soupe au lait, et sort facilement de ses gonds. Lorsqu’il à affaire à des meurtriers, il entre même dans une rage intense qui se traduit le plus souvent par la mort sale et douloureuse des criminels.

Après le traumatisme du dojo andalou, il a développé un pouvoir para-psychique somatique qui renforce sa Force et sa Tenacité. Le traumatisme de l’affaire de la disparition de Vary a éveillé quand à lui un second pouvoir somatique qui booste sa vitesse et ses Réflexes.

Son grade actuel dans l’armée du NEG est capitaine.

Bio:

L’aéronef volait depuis maintenant plus d’une heure. En allumant sa cinquième cigarette, le caporal Beren se disait qu’il ferait mieux de vérifier une dernière fois son équipement : le champ de bataille n’était plus très loin. Alors qu’il recomptait ses chargeurs, son regard s’attarda une fois de plus sur le passager en face de lui. A part l’habituelle salutation militaire en entrant dans l’appareil, il n’avait pas décroché un mot de tout le trajet. Assis sur un siège spartiate, son long sabre posé à côté de lui, courbé, le front posé sur ses mains aux doigts croisés, il avait l’air d’un pêcheur priant pathétiquement pour quelque rédemption. Cet homme c’était le capitaine Alejandro Nozominoken. Non, il n’était pas bavard. Et non, il ne priait pas. La seule chose qu’il avait jamais priée était ses propres ancêtres, et cela faisait bien longtemps qu’il n’espérait plus une intervention de leur part. Et en ce moment, il se remémorait de bien sombres souvenirs.

… … …

Vingt quatre ans plus tôt, en Espagne, quelque part dans la campagne andalouse. Le jeune Alejandro, alors âgé d’une vingtaine d’années, avait quitté le dojo depuis la matinée pour aller s’entraîner dans la forêt, seul, comme Kenji-sensei le laissait faire depuis un an. Il avait énormément progressé et il savait que ses longues années en tant qu’élève toucheraient bientôt à sa fin. Et cette éventualité lui faisait peur. Lui qui n’avait rien connu d’autre que la voie du sabre, qu’allait-il advenir de lui quand tout serait terminé ? C’est donc le cœur lourd qu’à la nuit tombante, il passa la porte de la résidence qui jouxtait le dojo en lui même. En voyant ce petit complexe de loin, on avait presque l’impression que l’on s’était trompé de chemin, et que l’on avait quitté l’Andalousie pour se retrouver quelque part dans le Kansai.

_ Tadaima.

Pas de réponse. Il retira ses chaussures, et depuis le hall d’entrée, il jeta un œil dans la cuisine attenante.

_ Sensei ? Kuroga-senpai ? Je suis rentré. Il y a quelqu’un ?

Rien, pas un bruit. Ils doivent être dans le dojo, pensa le jeune homme en sortant de la résidence pour s’y diriger. Kuroga était le deuxième meilleur élève du dojo, juste après Alejandro. Ce japonais arrivé quelques années avant lui et de deux ans son aîné, avait accueilli le métis endeuillé comme un frère. Au fil des années, une profonde amitié renforcée par les épreuves et les privations d’une vie pratiquement monastique s’était créée entre les deux adolescents. Mais récemment, leur relation s’était dégradée. Kuroga s’était montré, sans raison apparente, de plus en plus froid avec Alejandro. Il y a quelques temps, il avait même exigé que ce dernier s’adresse à lui avec l’honorifique « -senpai » au lieu du «-kun » habituel. Alejandro était persuadé que son camarade était jaloux de ses progrès fulgurants malgré le fait qu’il soit plus jeune, et cette situation ajoutait d’autant plus à sa peine.

Le dojo était éclairé, et une silhouette se dessinait à travers la porte coulissante entrouverte. Alors qu’il mettait sa main sur la porte, il entendit à l’intérieur un bruit qui ne lui était pas familier. C’était celui d’une arme à feu que l’on recharge. Faiblement éclairée par deux petites lanternes dans les coins au fond de la salle, la scène allait se graver à jamais dans son esprit, telle une image rémanente. Sur les tatami abondamment tâchés de sang gisait Kenji, face contre terre et plusieurs impacts de balles dans le dos. L’absence de sang sur son katana, ainsi que le visage souriant de Kuroga qui se tenait au dessus de lui, sans la moindre égratignure, indiquaient que le vieux maître n’avait sans doute pas eu le temps de se défendre.

_ Konbanwa, Alejandro-kôhai. Je t’attendais. Dommage que tu ne restes pas.

Un instant paralysé par la peur et le chagrin, le métis ne réagit que lorsque son senpai pointa son arme sur lui. Alors que, les larmes aux yeux, il plongeait sur le sabre de son défunt maître, il entendit la déflagration.

BANG

… …. …

Mais c’est un son bien réel qui tira le capitaine de sa rêverie. Il se leva d’un bond, ce qui surprit le caporal Beren qui lâcha la cigarette qu’il s’apprêtait à allumer. L’homme qui se tenait à présent face à lui n’était plus le triste personnage avec qui il avait voyagé dans cet avion. C’était le type qu’il avait vu de ses propres yeux bondir au dessus d’un gars en power-armor et transpercer le cockpit et la gorge du pilote juste avec son sabre. A l’extérieur, on pouvait entendre des explosions et le son des balles qui fusaient. L’appareil qui volait maintenant près du sol avait manifestement été touché mais volait toujours. Le caporal se leva à son tour, et en ajustant ses sangles, il s’adressa à son supérieur.

_ Et merde. On dirait qu’on va être largués au milieu du bordel. ‘Chier.

Pour toute réponse, Alejandro dégaina son katana. Il tira sur une manette rouge et une large porte s’ouvrit vers l’extérieur. Une main devant le visage pour le protéger de l’air qui s’engouffrait violemment, il estima qu’ils étaient à trois ou quatre mètres du sol. Beren criait pour couvrir le bruit du vent.

_ Capitaine ! Le pilote dit qu’il peut pas ralentir plus ! C’est maintenant ou jamais, sinon, l’appareil va se casser la gueule !

Après avoir observé quelques secondes le champ de bataille qui défilait un peu trop vite sous ses pieds à son goût, Alejandro pris une dernière inspiration et ferma les yeux. Une seule bataille. Juste cette bataille, et après, il pourrait choisir une nouvelle affectation et rattraper la pourriture qui avait ruiné sa vie.

_ Chienne de vie…

Son objectif en tête, il rouvrit les yeux et sauta.

Alejandro Nozominoken

New Angels Of Promise Ezekiel_de_Mortelune